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Département de médecine sociale et préventive

Témoignages d'étudiants

Découvrez ici quatre témoignages de diplômés en santé communautaire :

Zoé Brabant

Zoé BrabantDiplômée de maîtrise en santé communautaire, Zoé Brabant parcourt le monde pour Médecins du Monde, la Croix-Rouge canadienne et le CICR. Cette infirmière de formation initiale est engagée avec conviction dans la coopération internationale et l'aide humanitaire. Ses missions l'ont menée en Afghanistan, en Iran, au Sri Lanka, au Malawi et au Zimbabwe.

Elle a aussi effectué quatre missions en Haïti dont la dernière, l'a amenée à dresser les bases du volet santé communautaire du programme d'intervention de la Croix-Rouge canadienne pour quatre régions hors de Port-au-Prince.

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Corinne Voyer

Corinne Voyer« Rendons nos environnements propices à la santé! ». C’est le message de Corinne Voyer, diplômée de maîtrise en santé communautaire et récipiendaire du prix Armand-Frappier, décerné chaque année par le Département de médecine sociale et préventive à l’étudiant le plus prometteur.

Aujourd’hui, analyste-recherchiste en environnement bâti et santé à la Coalition québécoise sur la problématique du poids, elle voit dans la sensibilisation du monde politique un enjeu-clé pour que nos milieux de vie deviennent plus favorables à la santé.

Un environnement sécuritaire autour des écoles, pour que les enfants puissent s’y rendre à pied ou à vélo. Une taxe dédiée sur les boissons gazeuses et énergisantes pour soutenir des actions de prévention des problèmes de poids. La disparition de la malbouffe des écoles et des hôpitaux… Ce sont quelques uns des changements en faveur desquels Corinne Voyer s’engage depuis son arrivée à la Coalition Poids, en 2009.

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Arsham Alamian

« Soixante-cinq pour cent des jeunes canadiens âgés de 10 à 17 ans affirment avoir deux ou plus de facteurs de risque comportementaux pour les maladies chroniques. Seuls dix pour cent des jeunes affirment n’avoir aucun facteur de risque.» C’est l’une des conclusions des travaux d’Arsham Alamian, titulaire d’un doctorat de santé publique (option épidémiologie).

Arsham AlamianSes travaux de recherche permettent de mieux comprendre la distribution et les déterminants de multiples facteurs de risque comportementaux (inactivité physique, comportement sédentaire, tabagisme, consommation d’alcool et surpoids) qui sont encore peu connus, en particulier chez les enfants et les adolescents.

A. Alamian a notamment découvert que les facteurs de risques comportementaux s’agrègent en de multiples combinaisons. En particulier, l’occurrence simultanée des facteurs de risque comportementaux était 120 % plus élevée chez les garçons et 94% plus élevée chez les filles qu’attendu. Il a également constaté que les jeunes canadiens qui ont un parent fumeur, dont les pairs consomment du tabac ou de l’alcool et qui vivent dans une famille monoparentale, sont plus susceptibles de présenter de multiples comportements à risque.

Par contre, les jeunes ayant une forte estime d’eux-mêmes ainsi que les jeunes dont l’un des parents a un niveau d’éducation postsecondaire sont moins susceptibles de présenter de multiples facteurs de risque comportementaux.

« Ces résultats suggèrent que les interventions de santé publique devraient cibler les déterminants de type individuel (tel que l’estime de soi) ainsi que social (tels que le tabagisme des parents et des pairs et la consommation d’alcool par les pairs) pour prévenir et/ou réduire l’occurrence de multiples facteurs de risque comportementaux chez les enfants et les adolescents. De plus, puisque les caractéristiques psychosociales des jeunes et comportements des parents/pairs peuvent être influencés par des caractéristiques démographiques et socioéconomiques, les programmes et politiques de prévention devraient également viser à améliorer les conditions socioéconomiques des jeunes, particulièrement celles des enfants et des adolescents des familles les plus démunies. », recommande notamment A. Alamian dans ses conclusions.

Komala Voora

Komala Voora Komala Voora est récemment diplômée à la maîtrise en santé communautaire. Néanmoins, cela fait depuis longtemps qu'elle a réalisé, dans le cadre de ses études en physiothérapie à l’Université de Toronto, que les déterminants de la santé ne reposaient non seulement que sur la qualité des soins de santé, mais aussi sur l’environnement dans lequel vivent les personnes. Par la suite, parallèlement à ses études en santé communautaire, en tant que clinicienne en physiothérapie, elle devient membre du Comité d'optimisation des soins aux personnes âgées à l'hôpital (OPTIMAH) au Centre hospitalier de l'Université de Montréal. Ce comité vise à améliorer les soins offerts à la clientèle des personnes âgées hospitalisées, par la prévention du déclin fonctionnel et des complications iatrogéniques lors de l’hospitalisation en se basant sur une approche interdisciplinaire. Komala s'implique dans le volet de la mobilité et de l’autonomie, ainsi que celui de l’environnement des interventions préventives du projet OPTIMAH. En 2010, elle est co-récipiendaire du Prix de reconnaissance d'un projet innovateur remis par le conseil multidisciplinaire du CHUM pour avoir développé une grille d’observations systématiques pour faciliter l’évaluation de l’environnement et de l'aménagement physique à l’hôpital pour les personnes âgées hospitalisées.

C'était donc pour elle une suite logique de ce travail de réaliser son stage de maîtrise en santé communautaire dans l’équipe Environnement urbain et santé  de la direction de santé publique de Montréal, sous la supervision des Drs Louis Drouin et Patrick Morency. Dans ce cadre, elle s'est intéressée au potentiel piétonnier et à la mobilité personnelle des personnes âgées vivant dans la communauté. Ce stage lui a permis de combiner deux sujets qui la passionnent, soit l’environnement bâti et la population aînée.

Son intérêt pour les personnes aînées lui vient de sa motivation à développer des interventions pour cette population de personnes qui est particulièrement vulnérable et qui prendra une ampleur considérable sur le plan démographique au cours des prochaines années. Selon Komala «il est essentiel que nous développions des environnements physiques qui facilitent le vieillissement actif, sinon notre système curatif ne pourra à lui seul gérer les problèmes associés à la sédentarité et l'isolement social que risquent de développer les aînés». Permettre aux personnes âgées de conserver une autonomie fonctionnelle, une bonne qualité de vie et une santé optimale représente pour elle le cœur du vieillissement actif. L'action sur l'environnement physique pourrait s'avérer un élément de soutien important pour soutenir ce vieillissement actif.

Lorsqu’elle est interrogée sur ce que sa maîtrise lui a apporté elle insiste sur  «les connaissances et les outils pour mieux conceptualiser et analyser les problèmes, ainsi que développer des interventions  et des démarches scientifiques basées sur des données probantes». Pour elle, il est crucial que la recherche puisse répondre aux besoins des intervenants et il est nécessaire d'améliorer le transfert de connaissances des intervenants  vers les chercheurs. Komala a réalisé grâce aux cours qu’elle a suivis, ainsi qu'avec le stage qu’elle a effectué, que les partenariats intersectoriels au niveau de la santé, du transport, municipal et communautaire, sont importants pour développer des interventions pérennes. Le prix Armand-Frappier représente pour elle une belle reconnaissance de son travail de maîtrise, qu'elle a pu accomplir lors d’un retour aux études.

Barry Mamadou Saidou

Monitoring and Evaluation Officer - lauréat du Prix Armand-Frappier 2012

"J’ai un parcours professionnel très atypique. Alors que je n’étais destiné à faire la médecine, mes performances au Baccalauréat m’ont propulsé dans ce domaine. Oui, c’était la règle à l’époque en Guinée: les meilleurs élèves doivent s’occuper de la santé des populations. Sorti majeur de la Promotion 1997 de la Faculté de médecine de l’Université de Conakry, j’ai travaillé pendant deux ans au service de Pédiatrie de l’hôpital national Donka, avant de m’engager dans la vente et le marketing chez Nestlé. C’est dans cette fonction de délégué médical pour produits infantiles que, très rapidement, j’ai découvert l’influence de la pauvreté sur la santé de la population, en particulier celle des femmes et des enfants. On assistait alors, tant bien que mal, à travers la formation et la fourniture de produits et matériels, les services de dépistage et de prise en charge précoce de la malnutrition chez l’enfant (en Guinée, plus d’un enfant sur trois souffre d’une forme aigue ou chronique de la malnutrition). Et c’est dans ces circonstances-là qu’est née chez moi l’idée de suivre une formation en santé publique. Mais ce n’était qu’une idée. Il a fallu attendre quatre bonnes années avant que je décide finalement de tourner définitivement la page pour me remettre sur le chemin académique.

Une maîtrise en santé communautaire, un programme qui cadre parfaitement bien avec mes attentes en matière de formation. Un Département de médecine sociale et préventive de l’Université de Montréal, un cadre institutionnel qui répond à mes aspirations. Ainsi, je voyais là que les conditions minimales étaient créées pour me permettre d’atteindre mon but. Mais, pour arriver à un niveau de performance académique appréciable, il faut y mettre du sien, beaucoup du sien, spécialement de la curiosité, de la ténacité et de l’engagement. Dans mon cas, je n’y suis pas totalement parvenu, mais l’encadrement m’a aidé à me mettre sur les rails. Au terme de ma formation, je crois avoir acquis les outils et la démarche scientifiques utiles et nécessaires, me permettant de me tracer une vie professionnelle nouvelle. Cependant, je dois avouer que j’ai un regret, un seul, qui me pèse encore aujourd’hui, celui de n’avoir pas saisi une occasion unique qui s’était offerte à moi de faire un doctorat en sante publique à l’UdeM. Je souhaite que les étudiants en maitrise ne fassent pas la même erreur.

Mon sujet de stage a porté sur les inégalités socioéconomiques de santé au Québec (l’hospitalisation, la mortalité et l’incidence du cancer chez les moins de 20 ans). C’est une problématique qui me passionnait déjà, mais c’est grâce à l’impulsion de Marie-France Raynault, à travers son cours de pratique de santé publique, que mon intérêt pour cette thématique a atteint son paroxysme. Pour tout avouer, au tout début de mon projet stage, il me paraissait improbable voire impossible d’observer une quelconque inégalité d’accès aux services de santé dans un pays où l’universalité est la règle. Les résultats de notre travail suggéraient que les inégalités de santé sont bien présentes dans la population d’étude, et qu’elles sont particulièrement frappantes chez les enfants de moins de 10 ans.    

De retour en Guinée, je me suis engagé dans la cause d’une des catégories de populations les plus vulnérables: les femmes enceintes. Un adage africain nous explique plus éloquemment cette vulnérabilité ‘’ici, une femme enceinte a un pied sur terre et l’autre dans la tombe’’. Présentement, je travaille activement dans un programme de l’USAID, sur la prévention de la morbidité et de la mortalité maternelle. Je suis responsable du suivi et de l’évaluation du programme de prévention de la fistule obstétricale en Guinée, une maladie résultant d’un travail difficile et prolongé (préciser que près de 60% des femmes accouchent à leur domicile sans assistance médicale). Dans le même temps, je coordonne un projet dénommé RESPOND, axé sur la prévention, le dépistage et la prise ne charge des violences basées sur le genre. Nos efforts, dans ce projet, sont pour l’instant tournés vers les utilisatrices des services de planification familiale. Il faut noter qu’en guinée, 80% des femmes utilisant une méthode moderne de planification familiale le font en cachette, par peur d’être répudiées ou être victimes de sévices corporelles de la part de leurs conjoints.

Je crois fermement que le programme de santé communautaire dispensé par le Département de médecine sociale et préventive de l’Université de Montréal répond parfaitement bien au besoin en formation des cadres et acteurs de santé dans les pays en développement. En tout cas, ce programme m’a permis d’être suffisamment outillé pour faire face aux nombreux défis de santé auxquels sont confrontés mon pays, la Guinée."



© Département de médecine sociale et préventive, 2011